Taniguchi à l'occidentale

Dès décembre, “Le Journal de mon père” dans une nouvelle édition cartonnée. Classieux.
Voici l’une des oeuvres les plus fortes de Jirô Taniguchi, révélé par Casterman dès le milieu des années 90 et largement consacré depuis par le public français. Le Journal de mon père retrace l’histoire d’un quarantenaire, Yoichi, qui ressurgit dans sa ville natale après des années d’absence. Il est venu assister aux funérailles de son père, entouré de proches attentionnés. Des circonstances difficiles qui vont être l’occasion, pour cet homme réservé, de renouer avec ses souvenirs d’enfance, tout au long d’une veillée funèbre qui sert de fil rouge à l’histoire. Quelle a donc été la vérité de ce défunt que Yoichi est venu honorer ? L’énigme du père taciturne et secret va accompagner l’introspection parfois douloureuse du fils, avec en toile de fond les blessures ressurgies de l’histoire familiale et la difficulté à communiquer avec les autres, à commencer par ceux qu’on aime. La belle et subtile méditation proposée par Taniguchi dans cette oeuvre touchante et sensible trouve à s’épanouir dans une nouvelle édition particulièrement valorisante : un ouvrage cartonné et soigné semblable à ce qu’avait proposé Casterman l’an dernier avec la publication en un seul volume de Quartier lointain. Cette nouvelle version du Journal de mon père s’inscrit dans la même voie ; comme à l’accoutumée, le dessinateur japonais, tout en pudeur, en intelligence et en retenue, s’y montre un maître de l’émotion en bande dessinée. Indispensable.